Faites taire vos croyances limitantes, osez l’imperfection

Faites taire vos croyances limitantes, osez l’imperfection

Avril 1978
J’ai 13 ans. Mercredi après-midi. Je suis chez ma prof de piano. Aujourd’hui c’est chorale. Ça fait maintenant bien quatre ans que je fais partie de ce groupe. Un petit chœur sans prétention, juste les élèves des cours de piano et de violon. On est assis en rond dans le sous-sol d’une maison en meulière, le plafond est bas, les murs peints en blanc, une fenêtre à ras du sol amène un peu de lumière. J’aime bien cet endroit. J’aime bien chanter. J’aime bien retrouver les autres, surtout mes copines Claire et Catherine qui ont mon âge. Annie et Dominique sont plus grandes, elles ont au moins 16 ans. Elles chantent super bien. Elles m’impressionnent, je n’ose pas trop leur parler. Je suis dans les mezzos. On accompagne le chant des sopranes. Il y a de très beaux airs, ça me transporte à l’intérieur, ça vibre, ça explose, ça me remue le cerveau. Aujourd’hui on répète « Souliko ». Une chanson géorgienne, mais en français. J’aime beaucoup. Répétition par pupitre. Je bavarde un peu avec les copines pendant que les sopranes s’exercent. On se fait disputer. Faut dire, c’est un peu long d’écouter comme ça sans rien faire. Je triture la partition verte entre mes mains. « Dis-moi où es-tu Souliko-o-o-o ».

Ah, voilà, c’est notre tour. Toutes ensemble. « Où es-tu tombeau de ma mie ? » J’y mets tout mon cœur. Très jolie cette mélodie. Un peu comme une vague. De la beauté et de la tristesse. J’accompagne les mouvements de la musique en me balançant sur ma chaise. Je suis au deuxième rang. Il y a quelques filles devant moi. « Stop ! » crie la prof. « Laurence, tais-toi ! On reprend ». Laurence, c’est une de celles qui chante le mieux. Normal, la prof veut voir si on peut chanter sans son appui. On repart « Blanche fleur es-tu son tombeau ? ». « Stop ! Claire, tais-toi ! ». Claire est à côté de moi. Elle a la voix sûre, un bon soutien. C’est reparti. « Rossignol caché tout là-haut, réponds n’es-tu pas son tombeau ? ». « Stop ! Qui est-ce qui chante juste comme ça, avec cette belle voix ? » s’exclame la prof. Et Claire de dire « ben c’est Isabelle (c’est moi) ! ». La prof hausse les épaules « Non, ce n’est pas possible. On reprend ». Un instant, j’ai été fière, fière que pour une fois la prof m’entende, me voie même peut-être. Et puis tout s’est écroulé. Un courant glacé m’a traversée de la tête jusqu’aux pieds pour se dissoudre dans le sol. Je l’ai su à un moment au fond de moi que c’était moi qui chantais comme ça, mais ça a dû être une illusion, la prof a dit que ce n’était pas possible. C’est vrai, je suis trop nulle à côté des autres. Comment pourrais-je prétendre rivaliser. Elle a raison, je ne suis bonne à rien. En piano c’est pareil. Je fais toujours des erreurs. A l’école aussi, dès qu’il faut réciter un truc je bafouille. Cette chorale n’a pas besoin de moi. Que je chante ou non, c’est pareil.

La répétition s’achève. Je longe les trottoirs pour rentrer chez moi. Je regarde mes pieds. Peut-être que des oiseaux chantent, je ne les entends pas. Sans doute qu’il y a des fleurs dans les jardins des petits pavillons devant lesquels je passe. Je ne les vois pas. Peut-être qu’une légère brise printanière soulève mes longs cheveux. Je ne la sens pas.

 

Juin 1999
J’ai 34 ans. Depuis septembre, je fais partie de cette chorale de quartier. Que des femmes. Essentiellement des institutrices. Je ne connais pas bien ce milieu, mais j’aime bien être là. Elle est sympa, cette chorale, chaque chanson a une chorégraphie. C’est une amie qui m’y a amenée. Aujourd’hui c’est le concert de fin d’année. La salle est toute petite. J’ai un peu peur derrière le rideau noir. Je ne suis pas bien sûre de toutes les chorégraphies. On n’est que deux à avoir intégré le groupe cette année. Les autres sont là depuis longtemps. Allez c’est parti. Le rideau s’ouvre. Les chansons s’enchainent. « Utile » de Julien Clerc, magnifique. « La tantina de Burgos ». Marrante. Bon, ce n’est pas facile de faire les gestes tout en chantant. Je me concentre. Zut, je me retrouve devant. Je sens la transpiration me couler dans le dos. Je ne suis pas bien à l’aise, mais c’est sympa d’être en groupe comme ça. Et de chanter. Dernière chanson. « Start spreadin’ the news, I’m leavin’ today, I want to be a part of it, New York, New York ! ». Dernier pas, dernière note. Applaudissements. Saluts. Le rideau se referme. Les filles se congratulent. Je souris. Je suis contente. Soulagée aussi. Je déambule sur la scène en souriant. Je passe à côté de deux filles. Une brune et une blonde avec des cheveux frisés. C’est une des plus anciennes. Brigitte. Un peu la chef de bande. Je me dirige vers elle. Elle ne me regarde pas, elle parle à sa copine. Et j’entends. « … pas bien, là c’était pas super, c’est à cause des nouvelles, … ». Je n’entends plus. Mon sourire se fige. Je croise son regard bleu acier. Elle me fixe un moment, le visage fermé, puis se détourne. Je sens un froid s’installer à l’intérieur de moi. Plus de joie d’avoir fait se concert. Plus de joie d’appartenir à un groupe. Jamais je n’en ai fait partie d’ailleurs. Comment ai-je pu y croire un instant. Julien Clerc peut bien chanter « Utile », moi je suis parfaitement inutile. Juste bonne à faire foirer le concert. Comment ai-je pu penser une seule seconde avoir une place ici ? Julien Clerc se ramène encore dans ma tête avec son « Fais-moi une place ». Je n’ai pas su m’en faire une, normal, pourquoi on me ferait une place puisque je ne sers à rien ? Mes yeux se brouillent, envahis par une eau salée et amère. Je vais dans les coulisses. Je récupère mon sac. Mes clés de voiture. Je sors sans un mot, sans un regard, m’installe au volant et m’éloigne le plus vite possible de cet endroit. Plus jamais je n’ai croisé le regard d’une de ces choristes de quartier. Plus jamais je n’ai ressenti de joie à entonner une chanson. A chaque fois, le regard bleu acier est là, fixé sur moi. Plus jamais je n’ai chanté devant quelqu’un, même aux concerts je fais du play-back. Plus jamais je n’ai tenté d’intégrer un groupe, une association, à quoi bon, je ne leur servirais à rien.

 

Mars 2017
J’ai 51 ans. Le temps a coulé comme le sable du sablier. Je sais maintenant que ce qu’ont laissé en moi ces événements qui n’auraient pu être qu’anecdotiques est une blessure de rejet. Je sais maintenant que ce que j’ai pu me dire, « je suis nulle », « je ne sers à rien », « je n’ai rien à apporter », sont des croyances. Des croyances limitantes précisément. Comme tant d’autres du style « je suis trop vieille pour apprendre de nouvelles choses »,« je suis comme ça, je ne vais pas changer maintenant »,« je n’ai pas le droit à l’erreur ». Je sais qu’elles m’ont souvent empêchée d’avancer, de faire ce qui me plaisait vraiment. Et j’ai compris que non seulement ces croyances sont là, mais qu’en plus elles se renforcent toutes seules. Forcément : le moindre truc qui n’a pas le résultat escompté me confirme que je suis vraiment nulle. Et évidemment, comme je suis nulle, quand je veux faire quelque chose, je me dis que je ne vais pas y arriver. Parfois je n’essaye même pas. Parfois je le fais malgré les feux stop qui explosent devant mes yeux, et ce n’est pas parfait, donc c’est bien ce que je pensais, je suis nulle. Je me souviens cette fois où j’ai dû parler devant 200 personnes pour présenter un projet informatique, mes mains tremblaient, ma voix aussi, ma gorge était sèche, à la première question qu’on m’a posée, le noir dans mon cerveau, plus rien, juste l’envie de fuir. Plus jamais ça. Trop nulle. Je me souviens cette envie impérieuse de peindre. On me disait que j’étais douée pour le dessin quand j’étais petite. J’ai tout acheté, je me suis isolée et quelques heures plus tard, j’ai vu ce truc immonde qui ressemblait à l’œuvre d’un enfant de 4 ans, et encore. Plus jamais ça. Trop mauvaise. Je me souviens de ce désir de changer de vie, de devenir professeur des écoles, pour être près des enfants, les miens, ceux de la classe. Ce rêve qui me faisait vibrer, cet avenir que j’imaginais, joyeux et plein de rires. L’inscription au CNED, le travail sur les cours. Difficile. A. Bentolila. Je ne comprenais pas grand-chose. Et ce premier devoir que j’avais soumis à la sagacité d’un prof qui m’est revenu avec une note médiocre (12, à l’époque impossible de voir ça comme un encouragement, juste un « je ne suis pas à la hauteur » de plus). Les livres du CNED au fond du tiroir, le rêve balayé d’un revers de main, « ce n’est pas pour toi », « tu n’y arriveras jamais », « tellement de personnes sont meilleures que toi ». Plus jamais ça. Trop bête.

Je me rappelle tout ça. Mais le prisme à travers lequel je regarde la vie a changé. A force de lectures, d’écoutes, de partages autour du développement personnel. Un des présupposés de la PNL s’impose à mon cerveau : « l’échec n’existe pas, ce n’est qu’un feed-back ». Comprendre que de toute critique on peut tirer un enseignement. Comprendre surtout que la critique ne s’adresse pas à moi en tant que personne dans son entièreté, mais à moi dans un rôle. Moi dans le rôle de chanteuse dans une chorale, moi en tant qu’oratrice dans un amphithéâtre, moi en tant qu’étudiante. Comprendre aussi que le pire juge que j’ai eu c’est moi-même. Le comprendre, l’intégrer, le ressentir.

Essayez ça, tiens, la prochaine fois que vous vous sentirez nul, imparfait, pas à la hauteur, la prochaine fois que vous sentirez une croyance limitante vous tirer en arrière par les bretelles (ok, plus personne ne met de bretelles à part Christophe Maé) : changez d’angle de vue. Discutez cette croyance, trouvez d’autres interprétations : par exemple, si on vous dit que votre exposé n’était pas bien, et que vous vous dites que vous êtes nul(le) pour faire des présentations en public, dites-vous plutôt que la personne n’était pas intéressée par le sujet, qu’elle était fatiguée, qu’elle n’aime pas le rouge et que du coup votre chemisier lui a déplu, tout ce qui vous passera par la tête comme interprétation différente. Pensez aussi aux autres fois où vous avez fait des exposés et avez eu des retours positifs. Aux autres personnes qui vous ont félicité pour cet exposé-là. Peut-être bien que vous vous focalisez sur une seule réaction et que vous en oubliez toutes les autres. Et fort(e) de tout ça, revivez la situation, imaginez la personne qui vient vous dire que votre exposé n’était pas bien. Soyez attentif à ce que vous ressentez maintenant. C’est mieux ?

Et puis ne faites pas ce que j’ai fait à maintes reprises. Si vous n’osez pas faire quelque chose, si vous avez peur, faites-le quand même. Si le résultat de votre action ne vous plaît pas complètement, si les retours ne sont pas tous dithyrambiques, n’arrêtez pas, recommencez. J’ai aussi appris cela : on ne peut progresser qu’en sortant de sa zone de confort, cet endroit douillet où on ne risque rien, où on maîtrise tout ce qu’il y a à faire, où on réussit quasiment à coup sûr, où on est reconnu, où on est bien. Bien, mais pas forcément complètement heureux, pas forcément complètement rempli, pas forcément complètement soi. Et sortir de cette zone de confort, c’est avoir peur, c’est ressentir de l’inconfort, c’est faire des actions imparfaites. S’autoriser à en faire. Et même les faire avec joie en se disant qu’elles ouvrent la voie au progrès. Et recommencer, encore et encore. Parce que faire 1000 choses différentes une seule fois ne vous apprendra rien, alors que faire 1000 fois la même chose vous mettra sur le chemin de l’excellence.

J’ai 51 ans donc. Enfin 52 dans quelques jours. Mon rêve depuis des dizaines d’années c’est écrire. Je me sens tellement bien quand j’écris. L’impression de m’immerger dans un monde différent, de me connecter à une source d’où jaillissent les mots, comme une eau fraîche qui vient sautiller sur les rochers. Le plaisir d’enchaîner ces mots, de les polir, de les assembler, de les faire danser. Plusieurs fois on m’a dit que je devrais écrire. Il y a bien longtemps, je devais avoir une vingtaine d’années, quand j’avais écrit un article pour le journal local sur une figure du quartier qui nous avait quittés pour toujours. Au bureau du temps où on faisait encore des notes et pas des mails en style télégraphique, voire des sms en langage mystique. Lors de formations où il fallait rédiger de petits textes. Mais bien sûr, comme j’étais nulle et que je n’avais rien à apporter, c’est resté un rêve. Pas un mot n’a été couché sur le papier. Mais c’est terminé. Aujourd’hui je m’autorise à faire des choses imparfaites. Plusieurs écrits sont rangés dans les tiroirs virtuels de mon Mac, et depuis janvier j’ose en partager quelques-uns avec vous ici. Au début, j’ai désactivé les commentaires. Ça m’a demandé des efforts de me rappeler que le feed-back fait grandir, que ce n’était pas moi en entier qu’on jugerait mais mon texte, que chacun a sa propre représentation de ce qui l’entoure, sa « carte du monde » diraient mes amis PNListes, et qu’il est normal que tout le monde ne voie pas les choses de la même façon. Et puis comme dirait mon ami Boris, en activant les commentaires, je n’étais pas à l’abri de recevoir un commentaire positif. Il m’a bien fallu l’admettre. Si Charles Aznavour nous dit « cela m’ a pris du temps avant que je renonce », je dirais « cela m’a pris du temps avant que j’ose ». Mais le plaisir est immense, même si mes textes sont courts (enfin, c’est un point de vue, vous êtes peut-être en train de vous dire que c’est fichtrement long…), même si vous êtes cinq ou six à les lire, même si j’aurais pu faire mieux, mais si tant de gens font mieux…

Alors, je vous le demande : quel est votre rêve ? Qu’est-ce qui vous fait vibrer ? Que voudriez-vous faire qui ferait que vous seriez en parfait accord avec vos valeurs, avec vous-même ? Avez-vous une envie enfouie ? Un truc que vous n’avez jamais osé partager, que vous avez eu peur de cultiver, que vous avez caché au fond d’un placard ? Rappelez-vous ça : c’est oser les actions imparfaites qui vous fera grandir. C’est les répéter plusieurs fois qui vous fera progresser. Vous ne risquez rien à vous exposer, ce n’est pas vous que l’on jugera, votre personne ne sera pas remise en cause. Chaque retour que l’on vous fera vous aidera à vous améliorer. C’est à rester cacher que vous prenez un risque. Le risque de passer à côté de ce qui vous mettrait en résonance avec la vie.

Alors, quelle est la première petite chose que vous pourriez faire pour cheminer vers votre rêve ?

Belle journée à vous, mes chers amis…

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

La nouvelle pensée positive : go, go, go !

La nouvelle pensée positive : go, go, go !

Mardi soir. Je quitte en vitesse mon bureau. Il fait presque nuit et il pleut. Je m’engouffre dans ma voiture, direction la place Saint-Georges, quelque part dans la capitale. Les voitures, les piétons, les motos s’entremêlent, dans un brouhaha. Brouhaha. Joyeux brouhaha. Dans la littérature les deux mots vont souvent ensemble. Là, je le trouve carrément pénible ce brouhaha. Pénible et humide. Vous allez me dire que je n’avais qu’à prendre le métro. Et vous aurez sans doute raison.

Ah voilà, une place. C’est bon, je suis à l’heure. Je n’ai pas mangé. Tant pis, on verra ça plus tard. Je remonte la rue Notre Dame de Lorette sous le crachin parisien (et pas breton s’il vous plaît, jamais vu cette brouillasse froide et sale au doux pays des crêpes et du homard bleu). Une façade illuminée droit devant moi. Théâtre Saint Georges. Je sors mon e-billet. Il y a du monde. Fouille des sacs. Escalier recouvert de tapis rouge. Ambiance ouatée. Je m’installe au milieu d’un rang, pas bien loin de la scène. Le manteau sur les cuisses, l’écharpe dans la manche, le sac à dos sous les pieds, un carnet Moleskine sur le manteau, et un stylo Frixion (c’est plus prudent pour éviter les ratures) dans la main droite. Mes genoux touchent le siège de devant. Aïe, ça va être dur…

Je suis prête. Prête à quoi ? A écouter Yves-Alexandre Thalmann parler de la nouvelle pensée positive. Une conférence organisée par Rencontres Perspectives. J’adore les conférences qu’ils organisent. Toujours inspirantes, riches en enseignements, en rencontres. Un bon moyen d’ouvrir des perspectives. Ah ben finalement c’est pas idiot d’avoir appelé ça « rencontres perspectives ». Oui, d’accord, je vous donnerai le lien pour consulter leur programme, mais à la fin de l’article, hein, sinon je vous connais, vous allez partir, et p’têt même pas revenir comme dirait un certain Patriiiiiiiiiiiiiiiiiick !

Vous connaissez Yves-Alexandre Thalmann ? Moi, non. Oui, ben non, allez pas chercher maintenant non plus, je vous donnerai le lien de son site, mais à la fin j’ai dit ! Ah, voilà, pas de roulement de tambour, pas de toc toc toc du brigadier, un monsieur qui s’avance au milieu de la scène. Attention, Mesdames et Messieurs, ça va commencer…

Le monsieur est un scientifique suisse, docteur en physique à l’origine, qui s’est formé à la psychologie ensuite. Son propos du soir est d’analyser avec l’œil du scientifique la pensée positive. Et il faut bien distinguer pensée positive et psychologie positive. Allons-bon, je n’avais pas capté qu’il y avait une différence moi. La psychologie positive recouvre les recherches scientifiques autour du bonheur avec comme « chef de file » Martin Seligman. La pensée positive c’est ce qui tourne autour de l’idée qu’en imaginant de façon positive ce qu’on veut obtenir on l’obtient. Son but central est la réalisation de nos souhaits (trouver un job génial, un partenaire de vie, la santé, …). Avec des stars de la discipline comme Rhonda Byrne. Ah, très bien. Effectivement, ce n’est pas franchement la même chose. Et une chose que j’ajoute dans ma besace à connaissances !

Au cœur de la pensée positive, on trouve la loi de l’attraction. Quesako ? Pas compliqué : « les pensées positives attirent les expériences positives, tandis que les pensées négatives attirent les expériences négatives ». Notre psycho-physicien suisse s’est donc penché de manière scientifique sur cette loi et nous expose les résultats de longues études menées sur des tas de gens. Et voilà en bref ce qu’il en est sorti :
– les personnes qui visualisent uniquement les obstacles susceptibles de se dresser entre elles et l’atteinte de leur souhait sont celles qui réalisent le moins souvent leur souhait.
– les personnes qui visualisent uniquement leur souhait comme s’il était réalisé (c’est ça la pensée positive) ont de meilleurs résultats que les précédentes.
Mais il existe une méthode encore plus efficace : les personnes qui visualisent le souhait réalisé ET les obstacles éventuels, tout en imaginant une façon de les contourner obtiennent les meilleurs résultats ! Donc la pensée positive toute seule n’est pas le meilleur moyen d’obtenir ce que l’on souhaite. Et paf. Un autre truc dans ma besace. En même temps je ne connaissais rien à la pensée positive, alors je n’ai pas de croyance à effacer de mon cerveau, c’est cool.

Alors notre scientifique toujours suisse, et bien sympathique, a déduit de ces études une méthode optimale pour obtenir ce que l’on souhaite. Elle s’appelle DROP (pff, à ce sujet, ce n’est pas cette année qu’on va gagner le tournoi des 6 nations. Oui, bon, d’accord je m’égare. Mais il faut dire, ces sièges ne sont vraiment pas confortables. Vous pourriez compatir, vous tranquillement assis devant votre ordi ou votre smartphone ou votre phablette ou votre tablette ou votre télé ou …).

Donc DROP c’est :
D : exprimer son Désir
R : visualiser le Résultat (se faire de belles images de son souhait réalisé)
O : visualiser l’Obstacle (le ou les machins qui se dressent pile entre vous et votre souhait)
P : construire un Plan au cas où l’obstacle se présenterait.

Il paraît que cette méthode serait plus efficace parce que les visualisations positives seules créent des pensées agréables, font se sentir bien mais ne poussent pas à l’action puisque le cerveau pense que le souhait est réalisé (les neuroscientifiques ont confirmé ça avec leurs jolis appareils et leur grand savoir), tandis qu’imaginer l’obstacle et le plan d’actions mobilise les ressources et pousse à se mettre en mouvement.

C’est bon, vous êtes toujours là ? Ou vous êtes déjà passé à l’action ? Vous avez imaginé ce bon chocolat qui vous attend dans le frigo, visualisé l’obstacle qui se dresse entre vous et la tablette de chocolat dans le frigo, la porte, vous avez établi un plan, ouvrir la porte, vous avez couru dans la cuisine, l’obstacle s’est présenté, vous avez ouvert la porte et maintenant vous sentez le goût subtil de ce chocolat nigérian qui se répand dans votre bouche… Oui, bon, d’accord, le chocolat ne se range pas au frigo… Bon, revenez là, il y a une suite !

Pour être efficace, il ne faut pas rester uniquement au niveau des pensées (et une pierre de plus dans le jardin de la pensée positive), mais intervenir également au niveau des émotions et des comportements. Ah, ça, je le savais ! Formation PNL oblige…

A chacun de ces niveaux, notre scientifique suisse, sympathique et très clair nous propose des outils :

Niveau émotions : ouvrir au maximum son champ d’attention pour voir ce qui se passe autour de nous, saisir les opportunités (sûr que si vous marchez dans la rue le nez sur votre téléphone portable, non seulement vous allez vous prendre un poteau, mais en plus vous ne risquez pas de voir que vous croisez la route de George Clooney qui pourtant était tout prêt à vous embaucher pour son prochain film). Pour cela, on peut utiliser par exemple la pleine conscience, la relaxation, l’activité physique.

Niveau pensée : cultiver son optimisme (« je réussis grâce à mon travail, mon attitude », « j’échoue à cause de facteurs externes ») et envoyer bouler le pessimisme (« je réussis grâce à la chance ou au hasard », « j’échoue parce que je suis nul »). Ben oui, parce que quand on a des pensées optimistes, on est plus entreprenant vu qu’on pense que l’on peut influencer les choses. Les outils à utiliser pour développer ce type de pensées sont entre autres la visualisation, l’autosuggestion, les comparaisons descendantes (se comparer à pire que soi, moins heureux, moins bien loti).

Niveau comportements : je vous le donne en mille : pour obtenir quelque chose, il faut tra-vail-ler ! Les success stories sont toujours celles de gros bosseurs. Il faut être capable d’agir pour obtenir ce que l’on veut, de persévérer même si ça ne marche pas tout de suite, et de savoir lâcher prise à temps, si vraiment ça ne marche pas, pour aller vers autre chose. Du point de vue outils, notre scientifique suisse, sympathique, clair et passionnant nous dit qu’il faut entretenir les liens faibles (c’est à dire raconter ce que l’on veut obtenir pas uniquement à ses proches mais à des gens plus éloignés pour démultiplier les chances d’avoir une opportunité), intensifier ses relations interpersonnelles (parler à un inconnu par semaine, ajouter un nouveau contact dans son téléphone par mois, …) et faire de nouvelles expériences.

Donc notre scientifique suisse, sympathique, clair, passionnant et convaincant nous dit en conclusion de remplacer la loi de l’attraction de la pensée positive par un principe à trois pattes (euh, il n’a pas dû le dire ça comme ça) :
Ouverture (pour percevoir davantage d’opportunités) / Motivation (on croit à l’efficacité de ses actions) / Concrétisation (on ose agir et on persévère).

Et notre bonhomme a ainsi défini la nouvelle pensée positive (ou pensée positive 2.0) :

– détends-toi et tire profit de ce que la vie met sur ton chemin
– vois le bon côté des choses et aies confiance en ton pouvoir de les influencer
– agis dans le sens de tes rêves et persévère aussi longtemps que nécessaire
– considère le meilleur en chaque être humain et traite-le en conséquence

Et voilà, fin de la démonstration ! Applaudissements. Il les a bien mérités Yves-Alexandre. Vous aussi d’ailleurs, vu que vous êtes toujours là… Le théâtre se vide lentement. Direction la voiture. Aïe, mes genoux. La circulation est plutôt fluide. Mon esprit vagabonde (un peu, je conduis, quand même). Mon souhait ? Ecrire un article sur ce que je viens d’entendre. Les obstacles ? Avoir la flemme. Ne pas prendre le temps. Ecrire comme un pied (et Dieu sait que sur un clavier c’est embêtant). Endormir le lecteur. Pire, ne pas avoir de lecteur. Oh, bon, ça suffit ! Je crois à l’efficacité de mes actions, et demain je m’y mets !

Et vous, c’est quoi votre souhait ?

Belle journée à vous !

 

 

Quoi, toujours là ? J’ai oublié quelque chose ? Ah oui, les liens. Vous êtes tenace, vous.
Donc :
– le site de Rencontres Perspectives, grand organisateur de conférences passionnantes, enrichissantes, inspirantes : http://www.rencontres-perspectives.fr/ (oui, d’accord, vous auriez pu trouver tout seul).
– Le site sur lequel Yves-Alexandre Thalmann développe la nouvelle pensée positive : http://penseepositive20.net/. Et cliquez bien sur les mots de l’image, c’est ça le menu, je n’avais pas compris du premier coup !

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

Le droit de briller

Le droit de briller

Vendredi 16h. Je regarde mes mails histoire de zapper l’esprit tranquille sur le week-end. Une pub de la SNCF. Bon, pas de voyage prévu pour l’instant. Le zoom des Echos. Quel sujet aujourd’hui ? Le Frexit. Tiens, je connais quelqu’un que ça pourrait intéresser, je fais suivre. WordPress. Ah, super, la sauvegarde de mon site internet a bien fonctionné. C’est qu’il faut en prendre soin de ces petites choses… Allez, mail suivant. Thomas M. Ah Thomas, sympa d’avoir de ses nouvelles. C’est toujours intéressant le travail que l’on fait dans les ateliers de réflexion sur le développement personnel auxquels on participe ensemble. J’aime bien ces ateliers où on peut échanger sur nos expériences, nos rencontres, nos lectures. Parler de la façon dont on voit notre métier. Partager sur des axes de progrès, sur notre vision de l’avenir. Alors pourquoi m’écrit-il Thomas ? Voyons cela…

Chère Isabelle (c’est moi),
Comme tu le sais, j’organise de temps en temps des journées de réflexion autour d’un thème ayant trait d’une façon ou d’une autre au développement personnel. La journée comprend en général deux ou trois conférences, une table ronde et des ateliers en groupe. La prochaine journée aura lieu le 25 mai. J’aimerais beaucoup que tu animes une conférence se rapportant au thème de la journée, pour une durée d’à peu près 1h, suivie d’une séance de questions/réponses. La journée se déroulera à dsfsnefjvehoiezfozeifhzofizhhdlvndrdk……..

Les mots se brouillent devant mes yeux. Ils sont là mais je ne les comprends plus. Je sens mon coeur frapper dans ma poitrine. Le sang battre au niveau de mon cou. Un peu de sueur sur mes tempes. Mes doigts suspendus au-dessus du clavier tremblent légèrement. Je respire un peu plus vite. Une conférence. Bon sang. Mais pourquoi il me demande ça à moi ? Je n’en suis absolument pas capable. Je ne le connais pas bien ce sujet. Il y a tant de personnes qui s’y connaissent mieux que moi. Je n’ai aucune légitimité pour faire ça. Je vais être ridicule. Et puis une séance de questions/réponses. Jamais je ne trouverai les réponses. Et si les gens me trouvent nulle ? Oui, je vais être ridicule. Non ce n’est pas possible. Je ne suis pas assez bien pour faire ça. J’en ai vu tant des conférences, des gens exceptionnels, qui savaient toujours quoi répondre, qui savaient captiver l’auditoire. Bienveillants, intelligents, rompus à l’art oratoire. Je me souviens de Matthieu Ricard. Exceptionnel de clarté, lumineux. De Christophe André qui explique les choses de manière si simple, qui est si accessible, si humble alors qu’il en connaît tant. D’Alexandre Jollien à la fois si touchant et si drôle. De tant d’autres. Mais moi ? Qui suis-je pour prétendre me présenter devant un public ? Je n’ai rien à leur apporter. Je ne peux pas. Ce n’est pas ma place. Je vais refuser. Oui, c’est ça, je vais refuser. Ça va mieux, je me détends un peu. Allez, je lui répondrai lundi, laissons passer le week-end…

Dimanche matin. Je suis dans mon lit. Je regarde le plafond. J’aime bien ce moment au chaud sous la couette. J’entends le vent. La pluie frappe les carreaux. Habituellement je savoure ces instants. Mais pas aujourd’hui. J’ai mal au ventre. Cette histoire de conférence tourne dans ma tête et m’a réveillée tôt. C’est une opportunité, c’est sûr. J’aimerais partager avec des personnes mon expérience, ce que j’ai appris, comment j’aborde le problème. Je connais quand même des choses sur le sujet. Je pourrais organiser ma présentation en deux parties, raconter une histoire et puis la décrypter ensuite en fonction de ce que je connais de l’esprit humain, des représentations de chacun. Mais je ne ferai jamais aussi bien que le feraient Nicolas, Jasmine ou Barnabé. Je ne serai pas à la hauteur. Je ne suis pas à la hauteur…

De petites taches de lumière apparaissent petit à petit sur le plafond bleu de la chambre encore sombre. Mon regard se promène de l’une à l’autre. Mon esprit flotte un peu. Un souvenir tente de remonter. Des paroles. Une chanson ? Non, je n’entends pas de musique. Un poème ? Oui peut-être. Non, c’est plutôt un discours. Un homme. J’entends à la fois la bienveillance, la force et l’enthousiasme dans sa voix. Un grand homme. Mandela. Voilà, je me souviens. Dans une formation il y a quelques années, un des formateurs nous avait parlé d’un texte écrit par Marianne Williamson et lu par Nelson Mandela lors de son discours d’investiture. J’ai dû le noter quelque part. Bougez pas, j’attrape mon téléphone. Compagnon Google, aide moi… Ah voilà, j’ai trouvé :

Notre plus grande peur
Texte de Marianne Williamson extrait de son livre « Le retour à l’amour » (1992), prononcé par Nelson Mandela lors de son discours d’investiture à la Présidence de la République de l’Afrique du Sud en 1994.

« Notre plus grande peur n’est pas d’être démuni.
Notre plus grande peur est d’être puissant au-delà de toute mesure.
C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraye le plus.
Nous nous posons la question « Qui suis-je, moi, pour être génial, magnifique, talentueux, merveilleux ? »
En réalité, qui êtes-vous pour ne pas l’être ? Vous êtes un enfant de Dieu.
Vous brider, jouer petit, ne rend pas service au monde.
Il n’y a rien d’édifiant à vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres.
Nous sommes tous appelés à briller, comme le font les enfants.
Nous sommes nés pour manifester la gloire de Dieu qui est en nous.
Et elle ne se trouve pas seulement chez quelques-uns ; elle est en chacun de nous.
Et en laissant briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.
En nous libérant de notre propre peur, notre rayonnement automatiquement libère les autres. »

Silence dans la pénombre de la chambre. J’ai la gorge un peu nouée. « Qui êtes-vous pour ne pas l’être ? ». Aurais-je donc le droit d’exprimer ce que je suis ? De partager mon expérience avec d’autres ? Aurais-je le droit de penser que je peux quelque part leur apporter quelque chose ? Que je peux avoir quelque chose d’intéressant à dire ? Être utile ? Serait-ce même un devoir ? Le renoncement serait-il une erreur ? Une lâcheté ?

Lundi matin. J’ouvre ma messagerie. J’ai les mains moites. Je regarde mes doigts trembler un peu au-dessus du clavier, encore. J’ai toujours mal au ventre.

Bonjour Thomas,
Je te remercie beaucoup pour ton message. C’est avec grand plaisir que j’animerai une conférence lors de la journée que tu organises le 25 mai. Cela va être un beau moment de partage, je m’en réjouis d’avance.
A très bientôt.
Isabelle (c’est toujours moi).

Petit moment suspendu… Allez, je clique sur Envoyer. C’est parti. Je sens mes poumons se dégonfler comme un ballon de baudruche dont la ficelle se dénoue. Aurais-je cessé de respirer pendant que j’écrivais ces quelques mots ?

 

Alors, chez vous aussi le texte de Marianne Williamson fait bouger quelque chose ? Prêts à vous autoriser à briller ? Vous avez tant à partager, vous êtes merveilleux, unique. Alors on arrête de se dire qu’on est nul ? Qu’on ne vaut rien ? On arrête de se comparer ? On y va ? Venez-là, oui, c’est ça, un peu plus près, que je vous dise un truc à l’oreille : « vous avez le droit ! ».

Ah au fait, je ne vous ai pas dit le thème de la journée organisée par Thomas… « La peur »

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

Pin It on Pinterest