Et si on ne faisait qu’une seule chose à la fois, mais bien ?

Et si on ne faisait qu’une seule chose à la fois, mais bien ?

Lundi après-midi. Je suis en réunion. Il fait un peu chaud dans cette salle. On est sept. J’ai mon ordi devant moi. Il n’est pas connecté, il n’est là que pour prendre des notes. Remarquez j’aurais aussi bien pu prendre un papier et un stylo, mais maintenant tout le monde vient avec un ordi, une tablette, ou un truc entre les deux, hybride, comme les bagnoles.

Une demi-heure qu’on est là. Tour à tour chacun aborde ses sujets. On est sensé partager l’information, trouver des solutions le cas échéant. Je regarde autour de moi. Il tape beaucoup sur son clavier, lui. Et pas forcément au moment où il y a quelque chose d’important à noter. Je me tords un peu le cou. C’est Outlook, non ? Il est en train de répondre à ses mails. Sans doute des trucs importants. Le chef cause. Il donne des infos. Elle, à ma droite, elle les griffonne sur son cahier. Tiens, un cahier. Mais elle a quand même son ordi. Elle rédige rapidement un courriel pour diffuser l’info que le chef vient de donner. Et lui, à l’autre bout de la table, il a le nez collé à son smartphone. C’est dingue, il ne lève même pas les yeux de son écran pour répondre quand on lui parle. Pourtant il répond.

Ça commence à être un peu long cette réunion. Si je connectais mon ordi, je pourrais jeter un œil à mes mails moi aussi. Peut-être y en a-t-il un intéressant. Un auquel je pourrais répondre vite fait, histoire qu’il ne traîne pas dans ma boîte. Et puis je pourrais aller voir la tronche de ce patron du CAC40 dont ils parlent, je ne vois pas qui c’est. Tiens, et si je faisais de la tartiflette ce soir ? Mais qu’est-ce qu’il faut exactement comme ingrédients, déjà ? Pommes de terre, reblochon, quoi d’autre ? Je vais regarder la recette. Je vais essayer de sortir discrètement mon téléphone de ma poche. Tiens, je vais en profiter pour regarder le temps qui est prévu demain, j’irais bien faire un tour, mais faudrait pas qu’il pleuve. Voilà. Je pose l’engin sur mon genou gauche. Sous la table. Personne ne le voit comme ça. Ah oui, du vin blanc, de la crème, des oignons. C’est bon j’ai tout ce qu’il faut. Il va pleuvoir demain. Zut. Bon, ben alors je vais aller voir une expo, ou un film. Ya quoi en ce moment ?

Hein quoi ? Ce que je pense de cette idée ? Euh. Zut. De quoi ils sont en train de parler ? Bah, je vais dire que je suis d’accord, ça ne mange pas de pain. Ma montre vibre. Prenez une minute pour respirer. Bonne idée. Inspirer, expirer… Dans le temps, je pouvais griffonner sur un papier pendant les réunions. Toujours les mêmes formes géométriques qui partaient d’un coin de la feuille et finissaient par s’étendre jusqu’au milieu, enfin, quand vraiment c’était ennuyeux. Bon, si j’avais écouté, ça aurait peut-être été un peu moins ennuyeux. Ah, voilà, c’est fini, tout le monde débranche les câbles divers et se dépêche de partir vers une autre réunion. J’ai un peu mal à la tête…

Vous avez un sentiment de déjà vu ? Déjà connu ce genre de situation ? Un peu honteux de ne pas arriver à vous concentrer sur un sujet ou plutôt fier d’arriver à mener plusieurs tâches de front ? Un sentiment d’éparpillement ou d’efficacité ?

Les études scientifiques en matière de multitasking sont légion et convergentes : notre cerveau n’est pas fait pour ça. Seuls 2% des gens seraient capables de tirer un bienfait du multi-tâche. Vous pensez en faire partie ? Mmm, pas de pot, d’autres études scientifiques montrent qu’en grande majorité on surévalue notre aptitude au multi-tâche. Mieux vaut oublier ces 2% et considérer qu’on n’est pas fait pour ça… Et faire du multi-tâche, ou zapper très vite d’une tâche à l’autre, souvent en n’achevant pas la première, génère une baisse de 40% de productivité. Aïe. Et oui, jouer de la zappette, ça consomme de l’énergie. Et comme si ça ne suffisait pas, le taux d’erreur explose avec le nombre de tâches mises en parallèle. Certaines études montrent même que l’on perd des points de QI en faisant plusieurs choses en même temps. Et au bout du compte, on finit la journée épuisé, mentalement et physiquement.

Alors, on se met au boulot ? On commence la chasse au multitasking ? Avant de se mettre en chasse, il faut se renseigner sur nos chances de trouver du gibier. Alors posez-vous, regardez-vous fonctionner. Quand votre smartphone bippe, vous précipitez-vous dessus ? Quand un mail arrive dans votre boîte, résistez-vous à la tentation de l’ouvrir immédiatement ? Est-ce que ça vous démange d’y répondre tout de suite ? Pouvez-vous identifier plusieurs moments dans la journée où vous êtes vraiment concentré sur ce que vous faites ? Un seul moment ? Un tout petit moment ?

On peut travailler sur les causes. Vous allez trouver plein de raisons pour expliquer que vous ne pouvez pas faire autrement, que c’est la société actuelle, la pression, que vous n’y êtes pour rien. Peut-être que oui, peut-être que non, allez savoir.

Personnellement, ce qui me paraît clair, c’est que je ne sais plus me concentrer sur une seule tâche. J’ai beau savoir que c’est plus efficace, je ne me rappelle pas comment on fait. Pourtant, je sais le faire. Passer 3h assis face à une copie d’examen par exemple, je l’ai déjà fait. Je ne regardais pas mes mails, mon téléphone, je ne pensais pas au repas du soir. Ben oui, je n’avais pas le choix. Alors peut-être faudrait-il exhumer cette compétence… Essayer de retrouver ces moments où on est concentré, centré sur une seule activité. Vous avez trouvé un moment ? Essayer de retrouver le ressenti, ce sentiment d’efficacité, le cerveau tendu vers une seule chose. Focus. Et ensuite, ce sentiment du travail accompli. Mieux, du travail bien fait. Ce sentiment d’avoir réussi. Allez, on se replonge là-dedans, on fait remonter les ressentis…

Et le cerveau, il faut l’entraîner, hein, c’est pas un muscle, ben non, mais la sagesse populaire dit qu’on peut l’entraîner tout pareil. Et pour l’entraîner à être focus sur une seule chose, je connais une technique imparable : la méditation. Guidée ou pas. Enfin guidée c’est plus facile. Assis là, droit, centré sur son souffle, en relation avec le monde, les sons, les odeurs, les sensations. Tous les jours, un peu, puis un peu plus. Personnellement, après une séance de méditation, je sens mon cerveau clair, ouvert, disponible pour accueillir, étudier, transformer (au sens rugbystique, transformer l’essai. A propos, vous avez vu France-Ecosse ? A mince, ça y est, je ne suis plus concentrée. Doucement, ramener les pensées vers le centre…). Essayez, offrez-vous ces moments, rien que pour vous. Vous savez que quand on médite, le cerveau émet des ondes gamma, dans les fréquences hautes, comme lorsque l’on réfléchit intensément, et pas du tout des ondes de basse fréquence comme quand on somnole ou qu’on rêvasse ? Ben si, c’est Matthieu Ricard et Wolf Singer qui l’on dit l’autre jour à leur conférence, alors…

Allez, go, c’est parti, on fait une seule chose à la fois, et on se concentre sur ce qu’on fait !

Forte de cet élan, je rentre à la maison. Je pousse la chambre de ma fille. Elle est vautrée sur son fauteuil de bureau. Une vidéo Youtube défile sur l’écran. Un tuto. Elle se brosse les cheveux avec application. Son smartphone est debout à côté de l’écran, la tête de sa copine apparaît dans Skype. Une barre chocolatée est à portée de main. Et le livre de maths, il est où ? Ah je le vois, il traîne par terre… Je referme la porte et vais me faire un thé. Je vais le boire tranquille, sans allumer la télé, sans regarder mon téléphone, juste là, assise sur le canapé, à sentir la chaleur du breuvage glisser à l’intérieur de moi. A apprécier les goûts. Vous sentez cette petite pointe de rhubarbe ? Subtile. Et n’est-ce pas une mésange que j’entends chanter ? A la vôtre !

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

Quand un coach rencontre un autre coach…

Quand un coach rencontre un autre coach…

Qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires de coachs bien sûr. Mais pas que… Souvent lors des rencontres de coachs, on fait des « coachings express », des exercices de coaching courts en binôme. L’un coache l’autre pendant 1/4h puis inversement des rôles. A chaque fois que je suis le coaché dans ce genre de pratique, je suis fascinée par la puissance de cette question : « qu’est-ce qui t’en empêche ? ». Je sais que dès que l’autre aura clarifié ma demande, il va me la poser, que je ne vais pas y couper, normal, c’est une question de base du coaching. Et j’ai beau amener une demande différente, parler du rangement de ma cave, de me lancer dans l’humanitaire, de développer un site internet, d’arrêter de jouer à Candy crush saga ou de perdre quelques kilos, paf, je la prends en pleine face : « qu’est-ce qui t’en empêche ? ». Silence. J’essaye des réponses. Pas le temps. Pas l’argent. Pas les compétences. Je sais pas faire. Et puis ya les autres. Les autres qui veulent pas, les autres qui disent comme ça que je suis tout juste bon à égorger les chats… Mouais, ce n’est jamais très convaincant… Et j’ai presque l’impression de l’entendre, le déclic dans mon cerveau. Clic ! Alors tu les bouges tes fesses, tu vois bien qu’il n’y a rien de vraiment insurmontable qui te barre la route. Et s’il y a un rocher au milieu, et ben passe à côté. Les rivières y arrivent bien, t’es pas plus bourrique qu’une rivière quand même. Et voilà, pas besoin de dizaines d’heures à se triturer le cerveau, juste cette petite question, impertinente, agaçante, interpellante, qui se glisse entre les circonvolutions du cerveau et produit ce petit clac qui par un jeu mécanique bien huilé te file un grand coup de pied aux fesses… Je suis étonnée à chaque fois par la vitesse avec laquelle on adopte un angle de vue différent, on cesse de se faire des films sans queue ni tête qui nous ficèlent à notre chaise, on voit subitement le chemin s’éclairer devant soi. Certes, le travail n’est pas fini, il faut ancrer, se projeter, imaginer les étapes, vivre le truc de l’intérieur, l’intégrer. Et puis passer à l’action, sinon à quoi bon. Mais une bonne partie du travail est fait. Et à chaque fois je repars, non pas sapée, mais motivée comme jamais ! Pas de Loulou et Boutin aux pieds, mais des bottes de 7 lieues ! Prête à tordre le cou aux obstacles qu’on se risquerait à mettre sur ma route. Enfin, on, moi surtout… Parce que la compétence pour me mettre des obstacles toute seule, celle-là, je l’ai ! Mais pas cette fois, non, pas cette fois. Cette fois, on y va !

Alors, et vous, qu’est-ce qui vous en empêche ?

Belle journée à vous !

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

Le petit campagnol…

Le petit campagnol…

Bonjour !

Vous connaissez l’histoire des trois petits campagnols qui voulaient aller explorer une île inconnue ? Oui ? Elle vous inspire ? Moi oui. Non ? Allez, je vous la fais courte. C’est donc l’histoire de trois petits campagnols qui ont très envie d’aller visiter l’île qu’ils voient au milieu de l’étang près duquel ils vivent. Ils se mettent donc tous les trois à l’eau, et commencent à nager vers l’île. Leurs amis, le héron, la musaraigne, la couleuvre, la taupe, le hibou, qui sais-je encore, restés sur la rive les interpellent « vous n’y arriverez jamais ! », « un campagnol, ça n’est pas fait pour nager ! », « la tortue nage mieux que vous ! », « vous allez vous noyer ! », « c’est ridicule ! », « arrêtez ! ». Deux campagnols font demi-tour et reviennent se sécher sur la rive. Le troisième continue, continue et arrive sur l’île. Il se promène, découvre les plantes, les paysages, fait des rencontres, se détend, mange un morceau au soleil. Après une belle journée, il se remet à l’eau, et nage vers son rivage. Là, ses amis le regardent revenir vers eux et s’exclament « ça alors ! », « incroyable ! », « comment as-tu fait ? », « . Le petit campagnol monte sur la rive, enlève les bouchons qu’il avait dans les oreilles et dit « comment ? Que dites-vous ? Je ne vous ai pas entendus ».

Bon, vous avez compris tout seul, je ne vous débriefe pas comme on dit. Je pense souvent à ce petit campagnol lorsque des voix, qu’elles soient amies, ennemies, connues ou inconnues, ou qu’elle soit mienne, tentent de me détourner des projets qui me tiennent à coeur. Et encore souvent y arrivent…

Belle journée à vous !

P.S. : ce conte traditionnel, et d’autres, a été illustré dans une BD que je trouve très chouette et qui s’appelle « Le jour où le bus est reparti sans elle ». N’hésitez pas à y jeter un oeil à l’occasion.

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

100 fois sur le métier…

100 fois sur le métier…

Je regardais la télé tranquille l’autre soir, je ne sais plus quoi d’ailleurs, quand l’un des personnages qui s’agitait sur l’écran a dit « je n’ai pas échoué, j’ai seulement essayé 10.000 moyens qui n’ont pas fonctionné ». Ni une, ni deux, j’attrape un morceau de papier et je note la phrase. Bon, j’ai cherché depuis, merci mon ordi, c’est une phrase de Thomas Edison. Ça me plaît bien, cette vision positive. Peut-être même encore plus que la phrase célèbre en PNL « il n’y a pas d’échec, il n’y a que des feedbacks ». Parce qu’elle tire l’idée de continuer à avancer. Ça me rappelle mes années d’informaticienne. Face à un bug, le cerveau se met à bouillonner, trouve une solution, on est sûr que c’est la bonne, on corrige, paf, ça ne va toujours pas, rebouillonnage, autre solution, c’est différent, mais pas encore ça, on s’y remet, autre solution encore, et ça finit par marcher. Et qu’est-ce qu’on est content ! Quelque soit le sujet, les ressources sont légion à l’intérieur de nous. Autour aussi souvent. Alors on les mobilise, et en avant ! Merci Thomas…

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

Du cocher au coaching…

Du cocher au coaching…

Bonjour,

Savez-vous d’où vient le mot coaching ? Du mot « cocher », en français, oui. Il est parti faire un tour outre-atlantique, notamment dans l’univers du sport, et il est revenu au bercail un peu modifié. Un cocher qui vient prendre quelqu’un devant sa porte, échange avec lui pour comprendre où il souhaite aller, et l’emmène. J’aime bien cette idée d’accompagnement, de chemin conjoint…

Bon voyage !

————————

Bon, vous vous demandez peut-être ce que fait ici ce texte vraiment très court, alors qu’habituellement j’ai la plume plus prolixe ? Et bien, vous savez, mon métier d’origine, c’est l’informatique. Et même si je m’en suis éloignée, j’aime toujours beaucoup ce domaine. Alors je me suis énormément amusée à comprendre comment développer un site internet et à fabriquer celui-ci. Mais voilà, il fallait bien le tester. Alors j’ai rédigé ce petit texte pour voir ce que ça donnait. Et je n’ai pas le coeur de l’enlever. Vous comprenez, c’est mon tout premier lien avec vous ! Et aussi le toute première chose que j’ai apprise lors de ma toute première formation de coaching, il y a……… un certain temps !!!

 

© Copyright Isabelle Roche – 2017 – Tous droits réservés
Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

Pin It on Pinterest